Retour à l’accueil > Auteurs > BOHI Claudine > « Chair antérieure »

Claudine Bohi

« Chair antérieure »

Une lecture de France Burghelle Rey



JPEG - 54.4 ko
Claudine Bohi : « Chair antérieure ». Les Lieux Dits éditions, 2015

Les étonnantes et superbes peintures de Ainaz Mosrat, plasticienne iranienne, hautes en couleur et dont les traits tourmentés révèlent toute une mythologie, occupent la première partie du petit opus de Claudine Bohi. Elles sont voilées par un calque sur lequel, pour chacune, s’inscrit un message au feutre noir qui cite, en la préparant, la lecture de la seconde partie.

Corps, identité, visage, sein en sont les premiers mots pour dire que s’exprimera l’injonction « tente le verbe » et que s’ouvrira, à la toute fin du recueil, « la boîte à chair qui rêve ».

L’incipit définit son mystère avec le déictique « cela » digne d’un Giono mais en présence d’une force et « dans un blanc / ouvert » qui rappelle la poétique de Rilke.

Les vers s’égrènent, sans attendre, au rythme de leurs allitérations et avec le besoin d’une réalité prégnante :

« il y a la force folle
et cette frêle fatigue d’être là

dedans dehors dérapent »

« Interminable combat » entre les contraires auquel fait allusion le texte de quatrième de couverture. Pour savoir où nous vivons et comment agir - « chercher visage / où se poser » -, à l’intérieur ce cette « chair antérieure » d’avant la naissance, - « au fond du ventre » -, pour savoir aussi comment parler avec « cette chaleur de lèvres / qui habille les mots ».

Alors, après l’énoncé des solutions possibles, revient un « cela » cette fois joyeux et qui sait chanter :

« cela s’élance

et pétille
dans le coffret des yeux »

Mais le corps questionne encore, le dedans espéré est toujours mal connu. Et, à l’instar de la poète, le lecteur ressent un profond étonnement renforcé la grande beauté du texte dont il faut déchiffrer avec soin le sens. Quête, en effet, de Claudine Bohi du « pays là qui est au fond de soi », comme elle l’a écrit dans « Voiture cinq quai vingt et un », à l’aide d’une pensée où la langue est « morceau de chair » .

Pour finir, avec la victoire de l’écriture et « en plein dans le loin / qui se rapproche », « la voix se soumet / forte » permettant l’épanouissement du corps et la formation d’une identité.

France Burghelle Rey (mars 2017 )



dimanche 19 mars 2017, par Michel Baglin

Remonter en haut de la page



Claudine Bohi


Claudine Bohi est née, vit et travaille à Paris.
Agrégée de Lettres et poète, elle a publié une douzaine de recueils notamment chez Chambelland, au Dé bleu , au Bruit des autres, chez Po&psy Erès et aux Lieux dits. Elle collabore à de nombreuses revues françaises et étrangères. Elle a aussi travaillé à de nombreux livres d’artistes avec des peintres et des photographes.
Quelques uns de ces poèmes ont donné lieu à des compositions musicales.
Elle figure dans de multiples anthologies dont « L’anthologie de la poésie érotique » de Pierre Perret et « L’érotisme dans la poésie féminine » chez Jean-Jacques Pauvert.



LIRE AUSSI :

Claudine Bohi : DOSSIER
Claudine Bohi : « Chair antérieure » (France Burghelle Rey) Lire
Claudine Bohi : « On serre les mots » (Michel Baglin) Lire
Claudine Bohi : « Voiture cinq quai vingt et un » (Michel Baglin) Lire
Claudine Bohi : « Avant les mots » (Michel Baglin) Lire



-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0