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Pierre Perrin

« La Vie crépusculaire »

Poète, romancier, critique littéraire, Pierre Perrin est né en 1950 et fut enseignant. Il a publié une trentaine de livres, de poésie et de prose, témoignant pour beaucoup d’une enfance blessée. Critique à la NRF, il dirige aujourd’hui l’excellente revue en ligne Possibles.




« Fils spirituel d’un Jean Breton et d’un Yves Martin, proche par la sensibilité de poètes et d’écrivains comme Georges Perros, Lucien Becker et plus près de nous Daniel Biga, Pierre Perrin se range – ou plutôt se dérange – dans la file des poètes du "dur métier de vivre", selon l’expression employée par Yves Martin, son postfacier », ainsi Jean Orizet présentait-il Pierre Perrin dans l’article qu’il consacra à son recueil « Manque à vivre » dans le Figaro littéraire, en 1986. Une filiation qui paraîtra évidente à ceux qui ont lu ce poète et prosateur blessé par son enfance.
Poète, romancier, critique littéraire, Pierre Perrin est né en 1950 et fut enseignant. « Pleine Marge », son premier recueil, parut en 1972. Il a publié par la suite et malgré un assez long silence une trentaine de livres, de poésie et de prose, témoignant d’une enfance douloureuse, marquée par la pauvreté, et du deuil impossible de la mère, ainsi que des essais comme celui consacré à « Les Caresses de l’absence chez Françoise Lefèvre » (le Rocher, 1998). Des pages souvent poignantes. On en trouvera la liste ici.
Je rappelle néanmoins les plus marquants : « Manque à vivre » (1985), « Le Temps gagné » (La Bartavelle, 1988), « La Vie crépusculaire » (Prix Kowalski de la ville de Lyon, Cheyne éditeur, 1996), « Une mère, Le Cri retenu » (Cherche Midi, éd. 2001), « Un voyage sédentaire », (notes, éditions Possibles, 1986), etc.
Pierre Perrin est également critique et a longtemps collaboré à la NRF. Il fut également éditeur à l’enseigne des éditions Possibles et dirige aujourd’hui la revue en ligne du même nom, aux articles solides (voir ci-contre).

« La Vie crépusculaire »


« La Vie crépusculaire » de Pierre Perrin, qui a obtenu le prix Roger Kowalski 96, est, comme les précédents recueils de l’auteur, marqué par le souvenir d’une enfance paysanne et pauvre. Mais on y chercherait en vain la moindre concession à la rusticité. Perrin évoque une vie âpre, prosaïque, laborieuse et fruste en des textes hantés par la solitude, la fatigue, la mort. La vérité poignante que recèlent les scènes suffit à faire la force et l’universalité de cette poésie de l’émotion toujours confrontée à la précarité de notre condition (« Si peu d’années pour tenter de vivre, et tant de gaspillées dans des tunnels sans fin »), à travers une écriture charnue, rugueuse parfois, mais où les métaphores sont chargées d’énergie vitale et s’éclairent d’une lumière intérieure.
Qu’on y évoque des amis, et « leur cœur est tanné de soleils mis en gerbe ». Qu’on y parle des femmes, dont la présence éclaire toute la seconde moitié du recueil, et c’est alors la sensualité qui sauve de la déréliction dans un « monde toujours à refaire ». Ici l’on aime avec « des forces nourricières » et les plus beaux poèmes sont probablement ceux consacrés à l’amour physique, qui se confond avec la célébration de la terre et peut-être de la présence reconquise : « Sous l’homme fait perçait l’enfant toujours perdu, mais le plus souvent maintenant il jouissait au présent ».

(126 p. Cheyne éditeur. 43400 Le Chambon-sur-Lignon)
Michel Baglin

Article paru dans La Dépêche Magazine 12 janvier 1997



jeudi 6 septembre 2018, par Michel Baglin

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