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Aimé Césaire

« Poésie », une somme

Sous le titre on ne peut plus simple de "Poésie" (1) et alors qu’il fêtait son 80e anniversaire, les éditions du Seuil ont publié un ensemble des poèmes écrits par Aimé Césaire.
La mort du poète et de l’homme politique ce 17 avril 2008 m’amène à reprendre cette critique rédigée et publiée il y a une quinzaine d’années.



Sous le titre on ne peut plus simple de "Poésie" et à l’occasion de son 80e anniversaire, les éditions du Seuil publient l’ensemble des poèmes écrits par Aimé Césaire, depuis le "Cahier d’un retour au pays natal" et, surtout, "Les Armes miraculeuses", jusqu’à "Moi, laminaire..." en passant par "Cadastre", "Ferrements" des inédits ("Comme un malentendu de salut"), le tout agrémenté de notes et variantes.

Dire "la grande soif d’être"

Cette traversée d’une œuvre de revendication (il est avec Senghor le chantre de la "négritude") et de célébration, révèle la fabuleuse richesse d’une langue lyrique, d’un chant glorieux, violent, impudique et généreux. Avec en toile de fond "l’Afrique multiple et une" à la fois rêve de l’origine pour le Martiniquais, mythe, et cependant réalité "à portée du siècle, comme un cœur de réserve."
Chez le poète pour qui marronner est le fondement d’une identité et d’une morale, l’influence surréaliste donne aux images une ferveur inventive, une jeunesse inaliénable pour dire "la grande soif d’être".
Le rythme des versets et des longs poèmes césairiens, allié à la sensualité parfois brutale de l’inspiration, charrie les soleils, les "nœuds d’algues et d’entrailles" d’un verbe incantatoire, tantôt prière et tantôt injonction, volonté de présence et de fusion au monde : "En les nommant, flore, faune, dans leur étrangeté, je participe à leur force ; je participe de leur force", affirme Césaire dont la poésie dénoue les enthousiasmes ravalés.
Car "rien ne délivre jamais que l’obscurité du dire."

M.B.


(1) Edition établie par Daniel Maximin et Gilles Carpentier. 550 pages




Les essais et discours

Discours sur le colonialisme. Paris : Présence Africaine, 1955.
Lettre à Maurice THOREZ. Paris : Présence Africaine, 24 octobre 1956.
La poésie un moyen de connaissance et de co-naissance : propositions poétiques, publié en Haïti en 1944.
Toussaint LOUVERTURE ; La Révolution française et le problème colonial. Paris : Présence Africaine, 1961/62.
Culture et colonisation, communication faite au 1er Congrès des Ecrivains et Artistes noirs en 1956, à la Sorbonne.
L’homme de Culture et ses responsabilités, communication faite au deuxième Congrès des Ecrivains et Artistes noirs en 1959, à Rome.
Discours sur l’Art Africain au Premier Festival Mondial des Arts nègres à Dakar en 1966.
Discours sur la Négritude au colloque organisé par Carlos MOORE en 1987, à l’Université Internationale de Miami.
Discours relatif à la commémoration du centenaire de l’abolition de l’esclavage à la Sorbonne en 1948.
Discours d’accueil de François MITTERRAND, prononcé à la Mairie de Fort-de-France le 25 octobre 1974.
Discours prononcé en l’honneur de la visite de Léopold Sédar SENGHOR à la Mairie de Fort-de-France le 13 février 1976.


vendredi 18 avril 2008, par Michel Baglin

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Poète et homme politique

Aimé Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique, est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Son père était instituteur et sa mère couturière, et ils étaient 6 frères et sœurs.
Élève brillant du Lycée Schoelcher de Fort-de-France, il obtient une bourse et arrive à Paris en 1931 pour poursuivre ses études au lycée Louis-le-Grand (où il rencontre Léopold Sédar Senghor) et à l’École normale supérieure.
En 1934, il fonde la revue l’Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée. Puis, en 1941, la revue Tropiques. Entre temps, et dès 1936 il aura commencé à écrire. Son oeuvre poétique majeure, « le Cahier d’un retour au pays natal » , est publié en 1939, date de son retour en Martinique.
Poète et dramaturge, il fut aussi homme politique. Celui qui allait inventer le mouvement de la négritude s’engage d’abord au Parti communiste français. Il le quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM). En 1945 il devient maire de Fort-de-France (il le restera jusqu’en 2001, soit 56 ans !) et député de la Martinique (jusqu’en 1993).
"Moi, Laminaire" (1982) et "La poésie" (1994) sont les derniers livres en date.

Son œuvre

Œuvres complètes. (1. Poèmes ; 2. Théâtre ; 3 Œuvre historique et poétique).
éd. Desormeaux, Fort- de-France 1976, éd. Seuil, Gallimard, Présence Africaine.

POESIE

Cahier d’un retour au pays natal. Paris : Présence Africaine, 1939, 1960.
Soleil Cou Coupé. Paris : Ed. K, 1948.
Corps perdu. (gravures de Pablo Picasso) Paris : Editions Fragance, 1950.
Ferrements, Paris : Seuil, 1960, 1961.
Cadastre. Paris : Seuil,1961.
Les Armes Miraculeuses. Paris : Gallimard, 1970.
Moi Laminaire. Paris : Seuil, 1982.
La Poésie. Paris : Seuil,1994.

THEATRE

Et les chiens se taisaient, pubiée en 1956 (tragédie).
La Tragédie du Roi Christophe, publiée en 1963 (tragédie).
Une Saison au Congo, publiée en 1966 (tragédie).
Une Tempête, adaptation à La Tempête de Shakespeare, publiée en 1969 (une tragi-comédie ou romance).


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