La Direction du livre et de la lecture a vécu…
Commençons par une mauvaise nouvelle. Elle a paru au « Journal Officiel » du 15 novembre : par un simple décret, la Direction du livre au Ministère de la culture est supprimée pour être fondue au sein de la Direction des « industries culturelles ».
C’est Mouloud Akkouche qui m’a fait connaître la nouvelle en m’envoyant un lien sur son site de Rue89 , où il précise : « D’une main, le président de la République veut déterrer Albert Camus pour le panthéoniser et, de l’autre, il enterre le livre et la lecture en France. Effectivement, un décret supprime carrément le poste de directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture pour le transformer en directeur général des médias et des industries culturelles. »
François Bon, sur son site, Le Tiers Livre, avait senti la chose venir dès le 8 mai dans un article où il expliquait : « Il y a un an, le ministère de la Culture était réorganisé en trois directions, une concernant la création, une concernant production et diffusion, une concernant le patrimoine. C’est seulement après qu’Albanel s’est aperçue que le livre, faire parler un auteur d’un livre dans une bibliothèque, n’était pas partageable dans les trois dimensions de l’éclatement. La direction du Livre était, par décret, maintenue provisoirement (en fait, ils l’avaient carrément oubliée dans leur réorganisation albanisation). »
Plus de provisoire, donc, le sort en est jeté… avec le Directeur du livre et de la lecture ! De quoi s’inquiéter, non ?
Ce que fait Alain Freixe sur son blog (lapoesieetsesentours) : « Aujourd’hui, c’est la direction du livre et de la culture qui est supprimée. Après quid du CNL, de sa commission qui attribue aides aux éditeurs et bourses aux auteurs ? Et pourquoi pas la loi sur le prix unique du livre…J’en passe en attendant des meilleures, par exemple l’action éducative via les DRAC… Voyez « Survivance des Lucioles « de Georges Didi-Huberman (ed de Minuit) : Ils veulent la « luce », la lumière du pouvoir, que tout soit clair, enfin ! Que l’on baillonne ceux qui pensent dans les mots. À la réserve ! Que disparaisent les « lucciola », leurs lueurs intermittentes, erratiques, mineures, menues, petites, lueurs de résistance. »
Conclusion (provisoire) avec Bernadette Griot dans « Basilic » : « L’inquiétude grandit et appelle à nous mobiliser davantage, auteurs, éditeurs, lecteurs et libraires. Où le livre est menacé, les libertés le sont aussi. »
Dubost, de l’éditeur à l’auteur

- Louis Dubost, l’éditeur, au salon de Paris (Photo MB)
Au sommaire du dernier numéros de Décharge (le 144, qui vient de paraître), un hommage à Louis Dubost. L’éditeur du Dé Bleu, puis de L’Idée Bleue, a annoncé depuis lurette qu’il mettait la clef sous la porte fin 2009 après avoir beaucoup donné, pendant plus de trente ans, pour la poésie et les poètes (ces emmerdeurs !) et nourri un catalogues des plus enviables. Nous y sommes donc. Claude Vercey salue l’artiste d’un poème malicieux, mais aussi Luce Guilbaud en évoquant quelques uns de ses titres, et Jean-Claude Touzeil en déclinant toutes les vertus du « louidubo »…
Mais qu’à cela ne tienne : si l’éditeur s’en va, un auteur est de retour. Car Louis, dont le travail au service des autres a souvent éclipsé le sien, publie aux aux éditions Le bruit des autres un recueil de 6 nouvelles, sous le titre « On a mis papy dans le coffre de la voiture » (120 pages, 12 euros). Editions Le bruit des autres 15 rue J.-B.Carpaux. 87100 Limoges. 06 10 11 01 24 / 05 55 77 21 15 / lebruitdesautres@wanadoo.fr
Pierre Michon à l’honneur
Vendredi 18 décembre à 18h, Pierre Michon, qui qui vient de recevoir le Grand Prix du Roman de l’Académie française est l’invité de la librairie du Louvre (Librairie du Musée du Louvre, Palais du Louvre, 75001 Paris, tél. 01 40 20 53 53) pour dédicacer et lire des passages de son livre « Les Onze » (Verdier).
Le lendemain, samedi 19 décembre à 18h30, c’est Le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne qui propose une soirée autour de Pierre Michon animée par Alain Nicolas avec une lecture des Onze par Denis Podalydès. (MAC/VAL, Place de la Libération, 94400 Vitry-sur-Seine. Réservation indispensable au 01 49 56 27 13)
Au Café des Images avec Madjid Kaouah et Michel Ducom
Le prochain Café Littéraire de l’Atelier Thot’M aura lieu jeudi 17 décembre à 18h30 au Café des Images dans l’Espace Culturel du Méridien à Ibos (Hautes-Pyrénées).
L’Atelier Thot’M propose une rencontre-débat avec Madjid Kaouah, poète, écrivain, journaliste, qui raconte dans « Retour en Algérie – Amère saison », ses moments de retrouvailles avec son pays… plongée douloureuse dans l’histoire récente de l’Algérie. Et avec Michel Ducom, poète, chercheur en éducation, , qui publie son dernier recueil de poésie sous le titre « L’Homme à deux mufles » . A partir de l’expérience et de l’œuvre de ces deux poètes une réflexion pourra s’amorcer sur l’urgence qu’il y a aujourd’hui à « Réinstaller le travail au sein du poétique : même acharné, même pénible, (pour) qu’il redevienne un lieu d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi » (Edouard Glissant et Patrice Chamoiseau, dans « L’intraitable beauté du monde » .)
« Le Bourdon et la coquille » & « Les Amants de glaise »
Deux nouveaux titres ont paru aux éditions Rhubarbe (4 rue Bercier. 89000 Auxerre). Je ne les ai pas encore lus, mais relaie volontiers l’info diffusée par Alain Kewes. D’abord, « Le Bourdon et la coquille » , un recueil de contes et légendes des chemins de Saint-Jacques signé Jean-Paul Rousseau. Grand marcheur, l’auteur connaît mieux que quiconque les étranges visions qui naissent de la fatigue, de l’épuisement, du froid, des pieds endoloris, mais aussi de l’ivresse d’un paysage neuf au petit matin que le chemin, tel le sillon du laboureur, ensemence à mesure qu’il le traverse. Pèlerin de Saint-Jacques, Jean-Paul Rousseau a entendu et nous restitue ici ces légendes, dorées ou moins dorées, qui font avancer - et au besoin portent - les croyants comme les profanes, jusqu’en Galice à travers la Bourgogne et les Monts d’Aubrac, le Rouergue et les Pyrénées, d’auberge en gîte et de rencontres improbables en rencontre de soi. (365 pages, 15 euros)
Et puis « Les Amants de glaise » , un récit en seize épisodes de Chantal Danjou, quête de soi aussi bien, menée cette fois par une femme à travers les paysages de Cerdagne autrefois parcourus avec l’amant disparu. Comment oser être heureux à nouveau, comment envisager d’aimer, de vivre encore quand l’autre n’est plus là ? Dans une langue d’une extraordinaire justesse, à la fois pudique et sans tabou, Chantal Danjou parle du corps et de l’âme pareillement désertés mais désireux de vivre. (165 pages, 13 euros).
Scènes de rue
Vous avez pu apprécier en maintes occasions sur ce site les photos de Guy Bernot, qu’il s’agisse de portraits ou de spectacles. Mais, dit-il « si j’aime la photo de théâtre, j’apprécie également de me promener dans les rues de Toulouse, de Paris, ou d’ailleurs, avec mon appareil , sans but précis, au gré de mes fantaisies et de la lumière ». Je ne résiste donc pas à publier une de ses scènes de rue… et je continuerai s’il veut bien m’en confier d’autres…
