En réponse à :
16 juin 2009, par Michel Baglin

- Marie-Ange Sébasti
_
« On appelle "marges arides" les contrées désolées où nomades et sédentaires ont toujours noué des liens très forts, malgré leurs affrontements. Elles surprennent le voyageur comme l’archéologue, qui interroge les traces antiques de cette rencontre. »
_
"Corse dans le chalut des jours"
"Le chalutier sur lequel on embarque doit donc " prendre la mer " ? Mais le chalut recueille à chaque maillon des trésors miraculeux, dont on humait la richesse dès le rivage quitté. Photographies et poèmes offrent, dans leur magie conjointe, un paradis de paysages et de monuments, saisis dans l’instant d’un regard que l’art veut éterniser. A l’abri des bruits qui la défigurent, la Corse profonde est là dans une pierre de maison, dans un arbre, dans une église, dans un geste de mains ; et par delà se fait entendre, dans le soleil qui cache les brumes, cette parole de Méditerranée qui déjà frappe le continent de son chant particulier. Là n’est d’abord que calme et beauté, silence obligé d’une contemplation qui harmonise tous les éléments : eau, feu, air, terre sont là qui attendent l’homme caché, et appellent l’artiste et le poète. Apparaît alors la sagesse d’un regard patient : L’espérance est d’argent / où le guetteur s’obstine. Le chalut a désormais pris notre cœur.
_Guy Lavorel, Laudes n° 144, 2001.